Guide pratique · évaluation des risques
Plan de prévention : exemple de lignes d'actions à reprendre et adapter
Affiché · juin 2026 · Code du travail art. L4121-3 · R4121-1
Un plan d'actions de prévention efficace tient souvent sur une seule page : une colonne pour le risque, une pour la mesure décidée, une pour la personne qui la porte, une pour l'échéance, une pour la priorité. Le reste est du remplissage. Pour vous faire gagner du temps, voici un exemple de tableau directement reprenable, avec des lignes qui couvrent les risques les plus courants, et la marche à suivre pour l'adapter à votre situation. Ce plan-là est celui qui prolonge votre programme de prévention des risques en interne, à ne pas confondre avec le plan de prévention d'une entreprise extérieure.
De quel plan parle-t-on ici
Deux documents portent presque le même nom et sèment la confusion. Le plan de prévention de la co-activité (articles R4512-6 et suivants du Code du travail) encadre l'intervention d'une entreprise extérieure dans vos locaux : maintenance, nettoyage, travaux d'un prestataire. Ce n'est pas l'objet de cette page. Ici, on parle du plan d'actions interne : la liste des mesures que vous décidez pour vos propres salariés, à partir des risques repérés dans votre document unique.
Ce plan d'actions est la suite logique de l'évaluation des risques. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, les actions de prévention sont consignées directement dans le DUERP et ses mises à jour. À partir de cinquante salariés, elles prennent une forme plus structurée, le programme annuel de prévention (article L4121-3-1, Légifrance). Dans les deux cas, le tableau ci-dessous fait le même travail : transformer une liste de dangers en décisions datées et attribuées.
Un exemple de tableau à reprendre
Les lignes qui suivent sont des illustrations génériques. Elles montrent la mécanique, pas votre réalité : un atelier, un bureau et un entrepôt n'ont ni les mêmes risques ni les mêmes priorités. Lisez-les comme un canevas à réécrire avec vos propres situations de travail, vos noms et vos délais.
| Risque identifié | Mesure de prévention décidée | Responsable | Échéance | Priorité |
|---|---|---|---|---|
| Chute de plain-pied (sol glissant en cuisine) | Pose d'un revêtement antidérapant et signalétique de zone humide | Responsable de site | Sous 1 mois | Élevée |
| Manutention manuelle de charges lourdes en réception | Achat d'un chariot adapté et formation aux gestes et postures | Responsable logistique | Sous 3 mois | Élevée |
| Exposition au bruit à proximité d'une machine | Mesurage du niveau sonore puis protections auditives ou capotage | Direction + service de santé au travail | Sous 2 mois | Moyenne |
| Charge mentale et tensions liées au pic d'activité | Réorganisation des plannings et point d'équipe régulier | Encadrement de proximité | Sous 1 mois, puis suivi | Moyenne |
| Travail prolongé sur écran (postes administratifs) | Réglage des postes, pauses visuelles et fauteuils adaptés | Référent prévention | Sous 2 mois | Faible |
| Produit chimique stocké sans fiche de données de sécurité | Récupération des FDS, étiquetage et stockage ventilé sécurisé | Responsable maintenance | Sous 1 mois | Élevée |
Six lignes suffisent à montrer la logique : chaque ligne part d'un risque réel, pas d'un intitulé de catégorie. « Risques physiques » n'est pas une ligne exploitable ; « chute sur sol glissant en cuisine » en est une, parce qu'on sait quoi faire et qui doit le faire. Vous pouvez télécharger des exemples de documents uniques par secteur pour voir comment ces lignes se déclinent selon le métier.
Comment remplir chaque colonne
Le tableau ne vaut que par ce que vous mettez dedans. Voici la manière d'aborder chacune des cinq colonnes pour qu'elles servent vraiment, au lieu d'être un formulaire signé pour la forme.
Risque et mesure : du concret, pas des familles
La colonne risque reprend les situations dangereuses repérées dans votre évaluation, unité de travail par unité de travail. La colonne mesure décrit l'action décidée, pas une intention. « Améliorer la sécurité » ne se mesure pas ; « installer un garde-corps sur la mezzanine » se vérifie. Une mesure utile dit ce qu'on fait, où, et permet de constater si c'est fait.
Faut-il chiffrer une priorité ?
Beaucoup de plans classent les actions avec une note croisant la gravité et la fréquence d'exposition. C'est une bonne pratique, reprise par les outils sectoriels gratuits que propose l'INRS pour éditer le DUERP et le plan d'action. Mais ce n'est pas une obligation légale : le Code du travail n'impose aucune méthode de cotation. Une priorité simple en trois niveaux, élevée, moyenne, faible, suffit largement pour une PME, à condition de traiter d'abord ce qui peut blesser quelqu'un.
Responsable et échéance : ce qui fait avancer le plan
Une action sans responsable nommé n'avance pas, et une action sans date reste éternellement « à faire ». Ces deux colonnes sont celles qui transforment une liste de bonnes intentions en plan qui tourne. Mieux vaut un nom de fonction tenu qu'un service vague : « le responsable de site » avance plus qu'« on ». Et une échéance réaliste vaut mieux qu'une date ambitieuse jamais respectée.
Un plan d'actions se relit, il ne se classe pas
L'erreur la plus fréquente est de remplir le tableau une fois, de le ranger et de ne plus y revenir. Le document unique se met à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins onze salariés, et à chaque changement important des conditions de travail ou dès qu'une information nouvelle sur un risque apparaît (article R4121-2, Légifrance). Votre plan d'actions suit le même rythme : on coche ce qui est fait, on reporte ce qui a glissé, on ajoute les risques apparus depuis.
C'est cette relecture régulière qui sépare un plan vivant d'un document mort. Un nouveau poste, une machine ajoutée, un accident évité de justesse : chacun de ces signaux mérite une ligne. Le tableau n'est pas une recette à exécuter une fois pour toutes, c'est un instrument que vous ajustez à mesure que votre activité change.
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