Guide pratique · évaluation des risques

Recenser les risques par fiche de poste : le modèle commenté, colonne par colonne

Affiché · juin 2026 · Code du travail art. L4121-3 · R4121-1

Une évaluation des risques professionnels finit toujours par buter sur la même question pratique : sous quelle forme noter ce que l'on a observé poste par poste ? La fiche de poste orientée risques répond à ce besoin. Ce n'est pas un document imposé par la loi, mais un support de terrain commode pour collecter l'information avant de la consolider. Voici un modèle de fiche, chaque colonne expliquée, avec des exemples de formulation que vous pouvez reprendre tels quels.

À quoi sert une fiche de poste orientée risques

Le Code du travail demande un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail (article R4121-1, Légifrance). Il ne prescrit aucun format précis. La fiche de poste devient alors un brouillon de travail : un document par poste, ou par situation de travail homogène, qui sert ensuite à alimenter le document unique. Attention au vocabulaire : une fiche RH décrit des missions et des compétences ; ce que l'on construit ici décrit une exposition à des dangers. Le même titre de poste peut d'ailleurs couvrir plusieurs situations bien distinctes, et donc plusieurs fiches.

L'intérêt de ce support tient à sa granularité. On observe un agent à son poste, on note ce que l'on voit, et la fiche garde une trace concrète avant l'étape de synthèse. C'est aussi un objet que l'on peut faire relire par la personne qui occupe le poste : elle corrige, complète, signale ce que l'on n'avait pas vu.

Le modèle, colonne par colonne

Le gabarit qui suit tient en une poignée de colonnes. Chacune répond à une question précise, et l'ordre n'est pas neutre : on décrit d'abord la réalité observée, ensuite seulement on apprécie et on agit. Voici la structure, puis le commentaire de chaque colonne.

ColonneCe qu'elle contientExemple de formulation
Poste / situation de travailL'intitulé et le contexte d'expositionPréparateur de commandes, zone d'entrepôt, travail debout
Tâche concernéeL'activité réelle pendant laquelle le danger apparaîtManutention de colis depuis les palettes au sol
Danger identifiéLa source potentielle de dommageCharges lourdes et postures contraignantes
Risque associéLe dommage possible au contact du dangerLombalgie, trouble musculo-squelettique
Mesures déjà en placeCe qui protège aujourd'huiTranspalette disponible, consignes de port
Actions à prévoirCe qu'il reste à faireFormation gestes et postures, rehausse des palettes

Pourquoi séparer le danger du risque ?

La démarche promue par l'INRS distingue deux gestes : identifier les dangers auxquels les salariés peuvent être exposés, puis apprécier les risques liés à cette exposition. La fiche reprend cette logique en deux colonnes. Le danger, c'est la propriété d'un élément à causer un dommage : une charge lourde, un produit chimique, un sol glissant. Le risque, c'est ce qui peut arriver à la personne au contact de ce danger, dans sa situation de travail réelle. Garder les deux colonnes séparées évite un piège fréquent : confondre l'objet dangereux et le dommage redouté, ce qui rend les fiches floues et difficiles à exploiter ensuite.

Comment formuler une mesure plutôt qu'un constat ?

Les deux dernières colonnes sont celles qui font vivre le document. Le contenu attendu d'une évaluation ne s'arrête pas au constat : il doit déboucher sur des actions de prévention. Une mesure utile commence par un verbe et désigne un acte concret : « installer un éclairage d'appoint », « remplacer le produit X par une version moins nocive », « former à l'utilisation du chariot ». À l'inverse, « être vigilant » ou « faire attention » ne sont pas des mesures : ce sont des vœux. Distinguer ce qui existe déjà de ce qui reste à faire évite aussi de re-noter chaque année des protections déjà installées.

Faut-il une colonne pour coter le risque ?

Beaucoup de modèles ajoutent une colonne de cotation, du type gravité × fréquence. C'est une bonne pratique répandue, utile pour hiérarchiser les actions, mais ce n'est pas une obligation : aucune méthode de cotation n'est imposée par le Code du travail. Vous pouvez tout à fait commencer sans, puis ajouter une échelle simple et constante (faible / moyen / élevé) quand vous voulez classer les priorités. Si vous l'ajoutez, gardez la même grille d'un poste à l'autre, sinon les comparaisons n'ont plus de sens. L'essentiel reste que chaque ligne mène à une décision : traiter maintenant, surveiller, ou consigner.

De la fiche au document unique

Une fois les fiches remplies poste par poste, on les regroupe par unité de travail, c'est-à-dire par ensemble de personnes exposées aux mêmes risques. C'est cette consolidation, et non la collection de fiches, qui constitue le DUERP attendu par la réglementation. Pour voir comment des lignes de ce type se présentent une fois rassemblées, nos exemples de DUERP par métier montrent le rendu final. Et si vous préférez un format clé en main plutôt que de partir d'une page blanche, l'INRS met à disposition ses outils sectoriels OIRA, libres d'accès, qui guident l'évaluation et éditent directement le document et le plan d'action.

La fiche de poste n'est donc qu'une porte d'entrée. Pour structurer l'ensemble de la démarche, du découpage en unités de travail jusqu'au plan d'action, la méthode d'évaluation des risques professionnels détaille chaque étape.

Poursuivre la lecture

Poursuivre la lecture